Publié dans Projet : L'hygiène

L’hygiène : Eléments scientifiques

Cet article fait partie de la série d’articles autour de l’Hygiène à l’école, si vous découvrez la série par cet article, allez faire un tour sur l’article suivant : Trailer, afin de comprendre les enjeux de cette série.

L’hygiène corporelle

Afin de construire des séquences cohérentes et apporter des connaissances pertinentes à nos élèves, nous nous sommes questionnés sur l’intérêt d’enseigner l’hygiène corporelle à l’école. Nous avons donc fait des recherches sur ce qu’est l’hygiène corporelle et avons axé nos travaux autour des problématiques suivantes :

  • Comment éduquer à l’hygiène corporelle en cycle 1 et 2 ?
  • En quoi est-il important d’éduquer à l’hygiène corporelle à l’école?

Dans un premier temps nous allons présenter ce qu’est l’hygiène corporelle en terme général et son apparition dans la société.  Dans un second temps nous nous sommes intéressés à l’hygiène à l’école. Pour terminer nous présenterons les intérêts d’avoir choisi de traiter ce thème.

I. L’hygiène

a) Qu’est-ce que l’hygiène corporelle ? 

Le nom “hygiène” vient de Hygie, la déesse de la propreté et de la santé préventive. L’hygiène est, d’après l’encyclopédie Universalis, une discipline médicale qui s’intéresse aux relations entre l’homme et son environnement dans l’objectif de l’obtention du meilleur état de santé possible. Il s’agit d’un ensemble de principes, de pratiques individuelles ou collectives, qui visent à la conservation de la santé, c’est à dire selon la définition de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), d’un “état complet de bien-être physique, mental et social”.

L’hygiène physique comprend l’hygiène corporelle, l’hygiène alimentaire, l’hygiène de vie et l’hygiène des collectivités (mise en place de toilettes publiques par exemple)

b) L’hygiène dans la société 

Les conceptions de l’hygiène que nous avons aujourd’hui (se laver dans une salle de bains tous les jours avec de l’eau et des produits divers et variés..) sont différentes de celles des siècles précédents. L’histoire de l’hygiène n’a en effet cessée d’évoluer au fil des siècles.

Durant l’Antiquité, les Romains fréquentent les bains publics quotidiennement. Cette pratique semble se poursuivre au Moyen Âge.

Un laisser-aller se fait cependant ressentir au début de la Renaissance avec la mode de la “toilette sèche”. En effet, l’eau est considérée à ce moment-là comme “dangereuse” car elle devient capable de rentrer en profondeur dans la peau et de véhiculer certaines maladies. Cela implique que les gens ont davantage recours aux parfums et vont même jusqu’à frictionner leur corps avec du linge parfumé pour remplacer le fameux bain quotidien. Les bains publics sont alors laissés de côté pour un moment.

Ce n’est vraiment qu’au 19ème siècle que les mentalités semblent évoluer dans le bons sens, avec notamment l’apparition des bains-douches municipaux, accessibles à tous. Par la suite, les hygiénistes décident de réformer les habitudes des citoyens en matière d’hygiène. L’école de la République devient alors l’interlocutrice privilégiée : les élèves y apprennent les gestes cruciaux leur permettant d’améliorer et d’entretenir leur état de santé.

De nos jours, les citoyens sont mieux équipés et semblent être mieux informés sur le sujet, même si quelques épidémies persistent et se transmettent, malgré certaines précautions.

L’école est le lieu de formation du futur citoyen et l’un des principaux lieux de transmission des microbes, c’est pourquoi il paraît nécessaire d’éduquer à la santé au plus tôt.

II. L’hygiène à l’école

 

a) Brève histoire de l’hygiène à l’école

Nous avons vu précédemment la place de l’hygiène dans la société, il est intéressant de découvrir maintenant comment l’hygiène a trouvé sa place à l’école.

Tout commence à partir de 1760/1770, période durant laquelle les historiens de l’éducation parlent de « tournant décisif » pour l’évolution de l’éducation de l’enfant en matière d’hygiène ou pour le développement et l’acceptation de nouvelles pratiques de santé. On commence alors à cette période à se préoccuper du corps de l’enfant et à s’inquiéter de la mortalité infantile. Il est alors nécessaire de se préoccuper de préserver le corps de l’enfant. Durant cette période on voit donc apparaître de nombreux ouvrages traitant de l’enfance, de l’éducation, du corps et de la santé. C’est un changement culturel, on se préoccupe de l’enfant, et technique, on développe de nouvelles connaissances sur la vie, on améliore les techniques agricoles et on met en place de nouvelles pratiques préventives.

Durant cette même période se développent aussi dans les établissements élitistes des comportements visant à sauvegarder la santé des élèves. De nouvelles pratiques font leur apparition au sein de ces établissements : on prodigue non seulement des soins plus précis une fois la santé des élèves altérée, mais on met également en place un entretien du corps en amont et une préservation de la santé.

Il commence donc à émerger à cette période un réel changement culturel, une normalisation du soin de la santé qui touche tout d’abord les classes élitistes. La transmission vers les classes populaires reste plus complexe et plus tardive, elle sera également plus discrète.

Dans les années 1830 on entre dans ce que l’on appelle l’hygiènisme. C’est la mise en place d’une santé publique. Le corps médical et le pouvoir politique en place s’associent dans le but de promouvoir l’augmentation démographique et la préservation de la population pour un accroissement quantitatif et qualitatif de la Nation. L’objectif est donc politique.

Afin de mettre en place ce dispositif et de permettre à la population de devenir réceptive aux nouveaux savoirs et aux nouvelles pratiques de santé, il est décidé d’instaurer l’hygiène publique à l’Ecole. L’état des années 1830 perçoit l’importance de passer par l’école pour instruire la population et les ministres successifs de l’Instruction publique depuis Guizot tentent de l’instaurer. Cela commence par l’hygiènisation des locaux : des règles de salubrité des bâtiments sont instaurées.

Ensuite, les premiers personnels à être formés à l’hygiène sont les inspecteurs d’académie (et ce bien avant les instituteurs). Ils sont en charge de vérifier les règles de salubrité dans les bâtiments et sont engagés dans une « croisade hygiénique ».

Ce n’est qu’en 1860 que les instituteurs prennent conscience de l’importance de l’hygiène, confrontés aux manquements d’hygiène des familles ils prennent conscience que les parents ne se préoccupent pas assez de la propreté de leurs enfants et que ce soin leur incombe.

C’est au 20ème siècle que naissent le ministère de la Santé et le ministère de l’Education Nationale. En 1945 la médecine préventive universitaire est crée et les établissements sont dotés d’infirmiers et médecins scolaires. Les programmes d’enseignement intègrent désormais des préoccupations de santé publique.

Durant la période d’entre-deux guerres l’enseignement de l’hygiène n’est centré que sur quelques domaines de la santé, liés avec les préoccupations de l’époque : propreté du corps afin de se protéger contre la tuberculose, lutte contre l’alcoolisme, etc.

C’est en 1989 qu’apparait, avec la Loi d’orientation sur l’éducation, l’éducation à la santé, qui inscrit l’éducation à la santé parmi les préoccupations de la communauté éducative. Il ne s’agit plus seulement d’accroître les connaissances des élèves mais de leur faire acquérir des compétences participant à l’hygiène collective et individuelle.

A partir de 1998 les instructions officielles sont plus claires et plus explicites sur le sujet, il ne s’agit plus de véhiculer un message de peur ( il faut se laver pour ne pas tomber malade, il faut faire attention à sa santé pour ne pas souffrir, pour ne pas mourir) mais de rendre les élèves acteurs de leur santé et permettre aux élèves de faire leur choix en toute connaissance de cause, de pouvoir adopter des comportements responsables par eux-mêmes. L’éducation à la santé dépasse la seule prévention. La stratégie gouvernementale d’éducation à la santé se veut informative, démocratique, subjective et persuasive.

b) La place de l’hygiène dans les programmes

Dans les programmes aujourd’hui, l’hygiène s’intègre dans le Parcours Educatif de santé (également appelé Education à la santé)

Le parcours éducatif de santé est un dispositif mis en place depuis la rentrée 2016 par l’éducation nationale pour réduire les inégalités sociales, d’éducation et de santé, permettre la réussite de tous les élèves et rendre les élèves responsables de leur santé. Il s’articule en trois volets : éducation à la santé, prévention et protection (Christine Cordoliani et Véronique éloi-roux 2018).

Le volet de l’éducation à la santé vise à permettre aux élèves de prendre en charge leur propre santé de façon autonome et responsable et d’améliorer celle-ci par l’acquisition progressive de connaissances et de compétences. Elle s’articule autour de sept axes prioritaires :

  • l’hygiène de vie,
  • l’éducation nutritionnelle et la promotion des activités physiques,
  • l’éducation à la sexualité, l’accès à la contraception, la prévention des IST et du sida,
  • la prévention des conduites addictives,
  • la prévention des “jeux dangereux” et la contribution à la prévention et à la lutte contre le harcèlement entre élèves,
  • la prévention du mal-être,
  • l’éducation à la responsabilité face aux risques (formation aux premiers secours).

L’éducation à la santé rejoint également les objectifs de l’éducation à la citoyenneté.

Le volet de la prévention vise à “mettre en oeuvre des actions centrées sur une ou plusieurs problématiques ayant des dimensions éducatives et sociales.”

Le volet de la protection permet d’offrir aux élèves l’environnement le plus favorable possible à leur santé et à leur bien-être (climat, restauration scolaire, entretien des locaux, visites médicales).

L’éducation à la santé a été définie par l’OMS comme « tout ensemble d’activités d’information et d’éducation qui incitent les gens à vouloir être en bonne santé, à savoir comment y parvenir, à faire ce qu’ils peuvent individuellement et collectivement pour conserver la santé, à recourir à une aide en cas de besoin. »

Elle vise à apporter des informations sur des questions socialement construites. Les questions de santé sont donc des “questions socialement vives”.

Elle doit être abordée durant toute la scolarité, de la maternelle au lycée. Cependant, la petite enfance est la période où l’éducation à la santé est un enjeu majeur dans la mesure où les habitudes sanitaires sont apprises à ce moment délicat de la découverte de l’hygiène et de la santé. Il est donc primordial de l’aborder le plus tôt possible.

Sources 

 

 

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Auteur :

Deux blogueuses mais surtout amies !

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